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La prochaine université d'hiver BELCles métiers du français dans le monde aura lieu du 13 au 27 février 2017.

Université d'hiver - BELC 2011, les métiers du français dans le monde - Salles de formation du CIEP

Quatre thématiques : Piloter, Former, Evaluer, Enseigner sont proposées pour les 13 modules de formation. 

Le programme détaillé est mis en ligne sur le site du CIEP et sur le réseau. 

Prochaine session en février 2017 : plus d'infos.

Billets

Depuis, 2012, la caravane des BELC internationaux

Les universités BELC s'internationalisent grâce aux universités régionales organisées à travers le monde en partenariat avec les ambassades de France et les institutions du réseau culturel français.

Entre 2012 et 2016, les villes de Doha, Koweit, Abou Dabi, New Delhi, Bangkok, Taipei, Le Cap, Bogota et Mexico ont accueilli une ou plusieurs universités BELC : plus d'info, http://www.ciep.fr/belc

Publié(e) par Réseau BELC le 21 novembre 2016 à 13:30

Les inscriptions sont ouvertes pour l'hiver 2017

Les inscriptions sont ouvertes sur cette page

Le programme des modules est ici

L'emploi du temps des deux semaines est ici

Publié(e) par David Cordina le 15 novembre 2016 à 14:15

Vulgarisons nos métiers

Publié(e) par David Cordina le 4 novembre 2016 à 15:30

La programmation de l'université d'hiver BELC 2017

Voici la programmation à venir pour le mois de février 2017 : les inscriptions seront ouvertes dans un mois. Plus d'informations ici : http://www.ciep.fr/belc/hiver-2017 

A très bientôt.

Publié(e) par David Cordina le 7 octobre 2016 à 13:53

Forum

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Démarrée par Anne gallet dans Les actualités du Français dans vos pays 14 nov..

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Démarrée par Anne gallet dans Vos pratiques de classe de FLE 14 nov..

Projet interdisciplinaire : participez !

Chère, cher collègue,Dans le cadre d’un projet, nous souhaitons créer une présentation comprenant des images et sons choisi par les stagiaires pour présenter son pays. Pour guider votre choix, nous vous proposons quatre rubriques précisées par un…Lire la suite

Démarrée par Ghislaine BELLOCQ dans Vos pratiques de classe de FLE 27 juil..

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Démarrée par AKPABLI dans Offres d'emploi 21 juil..

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    Le fil du bilingue

    Louisiane : ouvrir les programmes bilingues sur le monde professionnel

    En Louisiane, qui était un territoire de la Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles, la langue française a conservé un statut historique et identitaire pour une partie de la population. Ce contexte explique la présence ancienne d’un réseau d’écoles à programme d’enseignement bilingue, soutenu par les autorités éducatives locales et par l’action du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), créé en 1968. Aujourd’hui, la Louisiane est l’État américain qui compte le plus d’apprenants de français et les programmes d’immersion continuent d’attirer un grand nombre de parents. La poursuite du développement de ces filières est cependant conditionnée par une ouverture plus grande sur le monde universitaire et professionnel, comme le souligne dans cet entretien Terri Hammatt, responsable de l’enseignement des langues vivantes au Département de l’Éducation de la Louisiane, tout juste retraitée.
    Quelles sont les spécificités du dispositif d’enseignement bilingue français-anglais en Louisiane ? 
    À l'époque coloniale, la Louisiane était une région multiculturelle et multilingue. En 1921, la constitution de l'État a établi l'anglais comme seule langue officielle. Après la Seconde Guerre mondiale et l'afflux d'anglophones lié au développement de l'industrie pétrolière, de nombreux parents ont cessé de faire apprendre le français à leurs enfants, afin d’éviter qu’ils soient stigmatisés, en tant que locuteur français, au sein d’une société américaine anglophone.
     
    En 1968, la population francophone de Louisiane semblait sur le point de s’éteindre si des mesures sérieuses n’étaient prises pour inverser cette tendance. Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) a été créé cette même année (loi CODOFIL n°409). En tant qu’organisme d'État, le CODOFIL s’est vu confier la mission de "faire tout ce qui est nécessaire pour encourager le développement, l'utilisation et la préservation du français tel qu'il existe en Louisiane pour le plus grand bien culturel, économique et touristique de l'État." La Louisiane a ainsi commencé à reconnaître la langue française comme une ressource à part entière au sein de l'État.
     
    L'État louisianais a par ailleurs adopté une série de lois pour promouvoir l'enseignement du français dans les écoles publiques. Au cours des quarante dernières années, les membres du BESE (Board of Elementary and Secondary Education, la commission de l'enseignement élémentaire et secondaire), le surintendant de l'Éducation (responsable de l’éducation au niveau de l’État, équivalent peu ou prou d’un recteur en France), les législateurs et le gouverneur ont ainsi participé à la création d’un mémorandum, en collaboration avec un ensemble de partenaires francophones, en particulier la France, avec lesquels le Département louisianais de l’éducation et le CODOFIL collaborent quotidiennement. Le LDOE (Louisiana Department of education) et le CODOFIL ont été désignés par le Département d’État américain comme partenaires du visa d’échange de type J-1 pour les enseignants (Exchange Visiting Teacher), qui offre aux écoles de Louisiane la possibilité d'employer des professeurs originaires de 25 pays différents, répartis sur presque tous les continents. Les salaires de ces enseignants sont pris en charge par un fonds spécifique, via le Minimum Foundation Program (budget de l’éducation de la Louisiane), destiné aux districts scolaires.

    La Louisiane a affiché son souhait de passer en 5 ans de 5 000 à plus de 25 000 élèves scolarisés en immersion française.
     
    Les programmes "traditionnels" d’enseignement des langues étrangères restent majoritaires dans la plupart des districts. Ils débutent généralement à partir de la 4e année (25 000 étudiants en 2015-16) et sont basés sur l'approche communicative. Les programmes d’immersion (dual langage immersion) ont quant à eux rencontré un succès croissant depuis 1988 (4 500 étudiants en 2015-16). Le modèle didactique soutenu par le LDOE est un modèle d'immersion bilingue partielle, où au moins 60 % de la journée d'enseignement se déroule dans la langue cible. Le LDOE a mis en place une certification (la World Language Immersion School State Certification) "garante de l’excellence du programme proposé et fondée sur un enseignement-apprentissage immersif efficace". Cette certification récompense les écoles d’immersion qui respectent fidèlement les lignes directrices posées.
    Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les familles louisianaises à inscrire leur(s) enfant(s) dans un programme bilingue français-anglais ?
    D’après une étude récente, les parents louisianais inscrivent leurs enfants en immersion française pour des raisons très variées.  
     
    Une vaste majorité de parents font le choix de l’immersion française car ils veulent que leur enfant soit bilingue. Cependant, leur vision du bilinguisme peut varier :
     
    1. Certains se tournent vers le bilinguisme pour des raisons sentimentales : renouer avec leur langue d’héritage, donner à leur enfant ce dont eux-mêmes ont été privés, préserver la culture francophone ;
    2. D’autres voient le bilinguisme comme un atout cognitif : être bilingue va aider leur enfant à mieux comprendre, mieux penser ;
    3. De là à imaginer que l’immersion va aider leur enfant à mieux réussir à l’école, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir ;
    4. D’autres voient les bénéfices du bilinguisme pour l’avenir de leur enfant : trouver un meilleur travail, gagner plus d’argent.
    Une petite minorité choisit l’immersion en français parce que "ça fait bien", parce que les parents imaginent que l’immersion est "une école privée à l’intérieur du système public" et que les élèves d’immersion constituent une élite.  
    Pour aller plus loin, les raisons pour lesquelles les parents choisissent l’immersion conditionne le fait que leurs enfants poursuivent ou non l’ensemble de leurs études au sein de ces cursus. Il semble que la majorité des enfants qui continuent toute leur scolarité en immersion représente les deux premiers groupes : les parents qui veulent que leurs enfants soient bilingues pour des raisons d’héritage et de culture, et ceux qui les veulent bilingues en raison des bénéfices intellectuels qui en résultent.

    "Immersion francophone en Louisiane". Reportage tourné à Bâton-Rouge et diffusé sur Ici Radio-Canada, 2012

    Quels défis et quelles perspectives se dessinent pour l’enseignement bilingue francophone en Louisiane dans les prochaines années ?
    Le défi principal aujourd’hui pour la Louisiane est de faire le lien entre l’école et le monde du travail.  L’immersion française est solidement installée en élémentaire jusqu’à la fin du 8ème grade, et dans certaines régions jusqu’à la fin du 12ème grade. Pendant que les autres régions se concentrent à continuer elles aussi l’immersion au lycée, nous devons créer des filières de travail ou d’études pour les élèves qui en sortent à la fin du 12ème grade :
    • Continuer la filière PreK-12 jusqu’à l’université (PreK-16), sans oublier les élèves qui préfèrent une formation plus courte (2 year Associate Degree dans un Community College ou autre formation professionnelle) ;
    • Créer des opportunités internationales d’échange et/ou d’équivalence pour les étudiants après le lycée ;
    • Créer des opportunités professionnelles en français en Louisiane dans les secteurs :
      • du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration,
      • du pétrole international,du commerce international,
      • des services – secteurs médicaux, légaux, éducatifs, militaires.
    • Créer des opportunités professionnelles en français hors Louisiane : liens avec les institutions professionnelles de nos partenaires internationaux (France, Belgique, Canada, Haïti, pays d’Afrique).
    L’immersion française en Louisiane ne peut pas et ne doit pas rester un simple programme scolaire. Nous sommes le seul État des États-Unis qui ait déjà une culture, une population et un début d’infrastructure propices à son ouverture vers le monde universitaire et du travail et nous devons en tirer profit.
     
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    Révolution bilingue à New York

    Fabrice Jaumont À New York, le programme pour l’enseignement bilingue français-anglais a débuté en 2007, avec l’ouverture de la première classe d’immersion à Brooklyn. Depuis, une véritable "révolution bilingue" a pris place dans les écoles publiques de la ville. Souvent conçues sous l’impulsion de parents d’élèves, ces classes bilingues s’adressent non seulement aux familles françaises qui s’expatrient à New York, mais répondent aussi aux besoins d’un nombre croissant d’enfants francophones, issus de diverses immigrations et apprenant nouvellement l’anglais, et de familles américaines intéressées par un enseignement bilingue ou par la langue française. Fabrice Jaumont, attaché éducatif à l’ambassade de France à New York, présente les particularités de ce dispositif et les défis auxquels le programme doit aujourd’hui faire face pour répondre à une demande en pleine expansion.
    Quelles sont les spécificités du dispositif d’enseignement bilingue français-anglais à New York ? 
    C’est grâce à son dynamisme et à sa diversité que la communauté francophone de New York occupe une place unique dans la ville. Forte de 22 000 enfants vivant dans des foyers où le français est parlé au quotidien, la francophonie new-yorkaise bénéficie d’un dispositif bilingue polycéphale. Portées par des groupes de parents à travers la ville depuis une dizaine d’année, et grâce au soutien de nombreux acteurs, des alternatives gratuites ont été ajoutées à l’offre déjà proposée par les écoles privées. En septembre 2016, on recensait 1 500 élèves, dans dix écoles publiques proposant une filière français-anglais, et 2 500 dans cinq établissements homologués. Si ces derniers se retrouvent à l’est de Manhattan, de l’Upper East Side à Grammercy Park, les écoles publiques en question sont principalement situées au nord-ouest de Brooklyn et dans la zone regroupant Harlem et l’Upper West Side. 
     
    Les solutions de scolarisation en français qu’on trouve en ville sont à la fois différentes et complémentaires. D’un côté, les établissements privés offrent des programmes homologués par la France, de la maternelle jusqu’à la terminale. Certains établissements proposent également le programme de baccalauréat international, dit de Genève. Les programmes en deux langues des écoles publiques suivent, quant à eux, le cursus et les objectifs de la ville et de l’État de New York, de la maternelle jusqu’au secondaire. Les enfants francophones qui ne sont scolarisés ni dans l’une ni dans l’autre de ces options suivent parfois des cours de soutien en français après l’école, comme ceux proposés par le French Heritage Language Program ou par l’association Éducation en français à New York. Il est important de noter cependant qu’une grande majorité des enfants francophones de la ville ne bénéficie d’aucune solution de scolarisation en français, d’où la nécessité d’élargir au plus vite ce dispositif, notamment par le biais du système public new-yorkais, pour éviter l’érosion inéluctable du français dans ces familles.
     
    « L'immersion partielle, ou 50-50, est de rigueur à New York. »
     
    Dans les écoles publiques, les contenus sont traduits en français ou exploitent des ressources en français permettant d’enrichir le cursus et de l’adapter à un contexte bilingue. Le nombre d’heures hebdomadaires enseignées en français varie entre 10 et 25 heures en fonction des écoles. Avec de nombreux élèves francophones testés et catégorisés comme "apprenants  d’anglais", les filières dites "double langue" (dual language) de New York doivent, contrairement aux filières d'immersion en français d’autres États, se conformer aux dispositions prévues par les lois de l'État de New York en ce qui concerne l'apprentissage de l’anglais langue seconde aux immigrants. Ces règlements exigent que les apprenants non-anglophones, aux niveaux débutant et intermédiaire, reçoivent au moins 360 minutes d'enseignement en anglais langue seconde chaque semaine. Par conséquent, l'immersion partielle, ou 50-50, est de rigueur à New York, bien que certaines écoles dérogent à la règle pendant les premières années d’instruction.
    Ecole bilingue New York
    À New York, on enseigne en français dans un nombre croissant d’écoles publiques grâce aux parents d'élèves qui ont mené leur "révolution bilingue".
     

    Certaines filières bilingues au niveau élémentaire sont structurées sur un modèle "côte-à-côte" où deux enseignants partagent deux classes ou deux groupes d'élèves. Un enseignant enseigne uniquement en français et l'autre enseigne en anglais seulement, en alternance tous les deux jours. D’autres filières sont structurées selon un modèle dit "autonome" où un professeur enseigne dans les deux langues. Dans le modèle autonome, les enseignants enseignent soit en français le matin et en anglais l'après-midi, soit ils alternent les journées entre l'enseignement du français et l'enseignement de l’anglais. Au collège, l’histoire et la géographie sont les disciplines généralement enseignées en français, et ce pour un total de huit à neuf plages horaires d'enseignement par semaine.

    Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les familles new-yorkaises à inscrire leur(s) enfant(s) dans un programme bilingue français-anglais ?

    Bien qu’issus de milieux socio-économiques et d’origines ethniques divers, les parents francophones partagent la même volonté d’offrir à leurs enfants une éducation bilingue de qualité. Parmi eux, on distingue des expatriés européens et canadiens à Manhattan et au nord de Brooklyn, des ouest-africains à Harlem et dans le Bronx, des Haïtiens et des nord-africains dans le Queens. Ces filières bilingues favorisent l'intégration des familles expatriées ou immigrées dans le contexte local et encouragent la diffusion du français auprès de familles installées de façon plus permanente, qu’elles soient francophones ou non. Les profils de ces familles sont variés. Phénomène récent, on constate que de plus en plus d'employés de grandes banques ou d'entreprises de high-tech, de cosmétiques, d'assurance scolarisent leurs enfants dans ces filières. Pareillement, les familles américaines anglophones, friandes de ces options publiques ou privées, recherchent également une éducation susceptible d’apporter les bénéfices du bilinguisme à leurs enfants. Ce dernier point, très en vogue actuellement aux États-Unis, surtout chez les familles de classe moyenne, est un facteur de développement prometteur pour ces filières. 

    « L'enseignement bilingue est devenu synonyme d’excellence et de réussite scolaire. »

    Quand elles sont bien encadrées, les filières bilingues publiques offrent une alternative sérieuse tant elles proposent, d’une part, un curriculum de qualité, porté par des enseignants qualifiés et, d’autre part, un accès gratuit à une instruction partagée entre deux langues. Les résultats scolaires des enfants inscrits dans ces programmes bilingues sont d’ailleurs excellents, ce qui accroit encore plus la popularité de cette offre. De ce fait, l'enseignement bilingue est devenu synonyme d’excellence et de réussite scolaire, image que l’on retrouve plus aisément dans les établissements homologués. La qualité des filières publiques francophones est dorénavant reconnue par la France qui a attribué en 2016 le LabelFrancÉducation à sept écoles publiques de la ville. 

    Destination Brooklyn à New York : un reportage de l’émission Destination Francophonie de TV5MONDE

    Quels défis et quelles perspectives se dessinent pour l’enseignement bilingue francophone à New-York dans les prochaines années ?
    La demande est croissante depuis l’ouverture des premières filières publiques francophones en 2007. Bien qu’élargie, la quantité de places disponibles reste insuffisante : les plus jeunes font face à une rude compétition à l’entrée et certaines écoles se voient obligées de refuser la moitié des demandes. Depuis la création des premières filières francophones, ce sont plus de 1 000 familles qui n’ont pu inscrire leur enfant, faute de places.  
     
    De plus, il y a pénurie d’enseignants bilingues répondant aux critères établis par l’État et la ville de New York. Pour être recruté par une école publique, un enseignant doit avoir la carte verte, ou la nationalité américaine, et la certification de l’État. New York n’autorise pas l’accueil de professeurs étrangers, détachés ou non, sans exiger l’obtention de ce certificat, ce qui ralentit l’essor de ces filières.
     
    L’absence de matériel scolaire en français qui réponde aux exigences des programmes est également une source de problèmes, lesquels peuvent avoir un impact sur la charge de travail des enseignants et, à terme, sur leur collaboration à long terme. Une récrimination fréquente des enseignants concerne le temps qu’ils doivent consacrer à la recherche de ressources pédagogiques adaptées. 
     
    Le manque de continuité entre les cycles primaire et secondaire est également néfaste à la pérennité du dispositif. L’enseignement bilingue est offert principalement dans les écoles primaires et s’interrompt, à quelques rares exceptions, au niveau du collège, la priorité pour les lycéens étant de préparer l’entrée aux universités, principalement américaines. Se pose plus crûment encore, à ce stade, le problème du recrutement d’enseignants qualifiés et de l’accès à du matériel adapté, notamment pour les sciences sociales.
     
    En conclusion, la force se retrouve dans les chiffres. Tandis que des classes sont ajoutées chaque année et que davantage d’écoles offrent ces programmes dans la ville et sa périphérie, le nombre croissant d’élèves et de professeurs devrait susciter une attention plus particulière de la part des autorités scolaires. Pour réussir, ces filières francophones nécessitent également un engagement soutenu de la part de la direction des écoles, ainsi que des apports financiers externes qui permettront de soutenir systématiquement la formation des enseignants, l’achat de ressources et le développement du dispositif. 
     
    Les écoles qui hébergent ces programmes bénéficient de la diversité des familles qu’elles accueillent et du personnel enseignant capable d’incorporer leurs différences linguistiques et culturelles dans une pédagogie innovante et ouverte sur le monde. Les parents francophones, aux origines ethniques et sociales pourtant bien différentes, sont devenus des faiseurs d’opportunités et d’accès à une éducation bilingue de qualité. Ceci, aussi bien pour leurs enfants que pour les enfants de foyers non francophones. Ce faisant, les familles francophones ont réussi à consolider le lien linguistique qui les unit et à renforcer la présence du français dans cette ville-monde par le biais d’une révolution bilingue qui ne cesse de conquérir les cœurs à New York et dans d’autres villes. 
     
    Liens utiles : 
     
    • "Destination Brooklyn", émission Destination francophonie, TV5MONDE, 13/06/2015
    • "États-Unis : Fabrice Jaumont multiplie les cursus franco-anglais", Le français dans le monde n°405, mai-juin 2016 
     
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    Présentation du dispositif bilingue francophone américain

    Aux États-Unis, le nombre de programmes bilingues toutes langues comprises (2 000 en 2016) a été multiplié par dix au cours des quinze dernières années. Parmi eux, multiformes, les sections bilingues francophones - qui regroupent 25 000 élèves en 2016 - sont implantées en majorité dans le premier degré, au sein des écoles publiques. La Louisiane depuis 1968, New York depuis 2007 et l’Utah depuis 2008 se sont fortement engagés dans le développement de ces programmes français-anglais, servant ainsi de modèles pour d’autres États où le français s’affirme (Géorgie, Floride, Caroline du Nord) ou émerge (Arizona).
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    Entretien avec Karl Cogard

    Karl Cogard L’enseignement bilingue est devenu, en quelques années, une priorité de l’action de l’ambassade de France en faveur de la diffusion de la langue française aux États-Unis. Karl Cogard, attaché de coopération éducative à l’ambassade de France à Washington depuis 2015, expose les raisons de ce choix et présente les axes de développement de ce dispositif multiforme.
    Quelle place la langue française occupe-t-elle aujourd’hui aux États-Unis, en particulier dans le système éducatif ?
    Aux États-Unis, le français est la 4ème langue la plus parlée (après l’anglais, l’espagnol et le chinois) et la 2ème langue étrangère la plus étudiée dans le système éducatif public du pays (derrière l’espagnol) et à l’université (200 000 étudiants). On compte environ 1 300 000 apprenants de français, chiffre qui est stable depuis une dizaine d’années. 
     
    Pour bien comprendre la situation, il est important avant tout de prendre conscience de la faible importance accordée aux langues étrangères dans le système éducatif américain, ou plus exactement dans les systèmes éducatifs du pays, étant donné la très grande souveraineté de chaque État vis-à-vis de l’autorité fédérale à Washington. On estime ainsi que seuls 18 % des établissements scolaires américains proposent un enseignement d’une langue vivante étrangère. 
     
    « Ces dernières années, les États-Unis ont pris de plus en plus conscience de la richesse de leur plurilinguisme. »
     
    Les grandes associations de soutien à l’enseignement des langues vivantes martèlent un chiffre : 75 % de la population mondiale ne parle pas l’anglais. Si l’anglais aujourd’hui est vu comme une lingua franca nécessaire, on note que de plus en plus nombreux sont les Américains qui comprennent qu’il ne fait plus la différence. Ces dernières années, les États-Unis ont pris de plus en plus conscience de la richesse de leur plurilinguisme et ont affiché au niveau fédéral un soutien sans précédent à l’enseignement des langues vivantes. Mais dans un contexte totalement décentralisé, ces déclarations peinent parfois à se concrétiser dans les politiques éducatives de chaque État.
     
    En résumé, le Département de l’Éducation fédéral appuie l’enseignement des langues vivantes, mais chaque État a également sa propre politique éducative. D’où une grande disparité dans l’enseignement des langues vivantes, et du français en particulier, selon les États et les districts - qui ont eux-mêmes une grande autonomie vis-à-vis des autorités éducatives de leur État respectif. Il y a donc un travail sur-mesure de promotion, d’information et de soutien de la part des services de coopération éducative à mener avec chaque district ou chaque État. 
    Comment se porte l’enseignement bilingue aux États-Unis ? 
    Les bienfaits de l’éducation bilingue sont aujourd’hui largement reconnus et la presse s’en fait régulièrement l’écho : outre une plus grande ouverture d’esprit, une meilleure agilité cognitive et intellectuelle qui touche tous les aspects de la vie, elle donne des compétences qui placent plus favorablement sur le marché de l’emploi ceux qui en bénéficient. 
     
    « Les programmes bilingues, implantés essentiellement dans les écoles publiques, se développent à grande vitesse. »
     
    Ces dernières années, il y a eu un coup d’accélérateur sans précédent dans le soutien à l’enseignement bilingue. Les programmes se développent à grande vitesse, anglais-espagnol pour des raisons évidentes, mais aussi anglais-chinois, anglais-français, pour ne citer que les trois premiers dans l’ordre de la liste. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2000, on estimait à 260 environ le nombre de programmes bilingues. Dix ans plus tard, c’est plus de 2 000 programmes toutes langues confondues qui ont été recensés par la National Association for Bilingual Education (NABE) et la tendance ne s’inverse pas, bien au contraire.
    Les programmes bilingues se développent donc très rapidement et l’originalité est qu’ils sont implantés essentiellement dans les écoles publiques. Parce que gratuite, cette offre permet à des familles aux revenus économiques plus modestes l’accès à une éducation de qualité.
     
    « Le développement du bilinguisme est un enjeu prioritaire pour l’avenir de la francophonie aux États-Unis. »
     
    La langue française jouit d’une place importante dans ce nouveau phénomène. Dans ce contexte, la langue française et les cultures francophones ont une carte maîtresse à jouer. Il y a bien sûr le français langue d’héritage, en Louisiane, en Nouvelle-Angleterre, mais aussi pour des populations migrantes plus récentes d’Afrique de l’Ouest ou d’Haïti notamment… Surtout chez les Américains sans attache directe avec la langue française, il y a une francophilie extraordinaire et la conscience d’une place grandissante de la francophonie dans le monde. Le développement du bilinguisme est donc un enjeu prioritaire pour l’avenir de la francophonie aux États-Unis. 
     
    Les bases du réseau bilingue francophone sont désormais solidement installées. Aujourd’hui, 27 États et 88 villes proposent un enseignement bilingue anglais-français dans plus de 150 écoles. La Louisiane a affiché officiellement son souhait de passer en 5 ans de 5 000 à plus de 25 000 élèves scolarisés dans les filières francophones. La Louisiane, depuis 1968, et l’Utah, depuis 2008, se sont fortement engagés dans le développement des programmes bilingues servant ainsi de modèles pour d’autres États où le français s’affirme (Géorgie, Floride, Caroline du Nord) ou émerge (Arizona).
     
    L’excellence de cet enseignement est reconnue par la France à travers le LabelFrancÉducation. En 2016, le nombre d’établissements américains labellisés par le ministère français des Affaires étrangères et du Développement international a plus que doublé, passant de 11 à 27.
    André Vallini - LabelFrancEducation
    Le Secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie André Vallini a remis en septembre 2016 le LabelFrancÉducation à l’école PS110 de New York. En 2016, 27 écoles américaines ont obtenu ce label d’excellence.
    L’enseignement bilingue constitue la priorité des actions du service de coopération éducative depuis quelques années. Pourquoi ce choix ?
    L’immensité du territoire américain et l’impossibilité objective de développer une coopération éducative et un soutien à l’enseignement du et en français sur l’ensemble du pays nécessitent des choix. 
     
    L’Association américaine des professeurs de français (AATF) estime le nombre de professeurs de français langue étrangère à 40 000 environ. Ce simple chiffre permet de comprendre que la coopération éducative du poste diplomatique ne pourra jamais satisfaire les besoins recensés qui sont par ailleurs, vu le système décentralisé, très différents d’un État à l’autre. Pire, une coopération éducative "traditionnelle", dans un pays de si grande échelle et à géométrie éducative variable, pourrait courir le risque de voir son efficacité diluée… D’où un choix pragmatique de cibler un secteur éducatif bien identifié et bien circonscrit et qui a besoin d’être soutenu et développé. 
     
    « Les programmes bilingues véhiculent l’image d’une francophonie jeune et garante d’un bel avenir professionnel. »
     
    À cette raison pragmatique, s’ajoute une autre bien plus importante : l’enseignement classique du français comme langue étrangère ne produit que peu de locuteurs américains véritablement francophones. Sur les 1 300 000 apprenants de FLE, combien seront véritablement acteurs de la francophonie ? La plupart ont un petit niveau A2… Le choix de l’enseignement bilingue s’explique donc aussi pour cela. Il permet de soutenir et de développer un vivier de véritables francophones, certes moins nombreux mais pour lesquels il est hautement probable que le français jouera un rôle dans leur vie d’adulte. L’image de l’enseignement bilingue, dynamique et efficace, motive aussi ce choix : les programmes bilingues véhiculent une francophonie jeune et garante a priori d’un bel avenir professionnel.
     
    Enfin, il  y a des académies en France (Grenoble par exemple, mais aussi Nancy-Metz…) qui ont une politique éducative de développement de l’enseignement bilingue. Les États-Unis, par la diversité de leurs programmes, sont pour elles un extraordinaire terrain de formation professionnelle pour des professeurs des écoles français ou des enseignants du secondaire qui, détachés par le programme de mobilité Jules Verne dans des établissements bilingues américains, reviennent dans leur académie d’origine formés et prêts à enseigner dans ce type de programme. Notre coopération éducative ne saurait ignorer une telle opportunité pour les enseignants français, promoteurs à leur retour de l’enseignement bilingue en France.
    Quels sont les différents dispositifs d’enseignement bilingue aux États-Unis ?
    La particularité de l’enseignement bilingue aux États-Unis est qu’il n’est pas du tout uniforme. Cette diversité s’explique encore une fois par un système éducatif décentralisé, qui laisse les États et les districts qui les composent libres de leurs choix éducatifs. Par ailleurs, le développement des programmes bilingues est encore relativement récent et touche donc principalement le premier degré. 
     
    Toute la panoplie de l’enseignement bilingue est donc représentée et la terminologie reflète cette variété :
     
    • On compte tout d’abord les programmes dits one-way foreign language  immersion (OWI) : il s’agit de programme d’immersion en langue étrangère à destination des apprenants américains anglophones qui n’ont pas aucune connaissance préalable de la langue étrangère d’enseignement. Parmi les programmes one-way, on trouve des établissements d’immersion totale (le français représente 100 % de la langue d’enseignement), des établissements d’immersion partielle (où la part de la langue française est souvent très forte dans les premiers niveaux et décroît peu à peu à chaque niveau pour atteindre un équilibre 50-50 en fin de premier degré). Dans ce dernier cas, de nombreuses variantes sont possibles : 90-10 ; 80-20 ; 50-50…
    • Viennent ensuite les programmes dits two-way immersion (TWI), qui sont à destination d’Américains anglophones mêlés avec des apprenants locuteurs de la langue étrangère (autrement dit en ce qui nous concerne des apprenants francophones). La classe est donc composée de deux groupes linguistiques qui pratiquent leur langue dominante, l’anglais pour les anglophones et le français pour les francophones, à l’école et en dehors de l’école. Dans cette configuration, l’équilibre entre les deux langues peut être deux tiers / un tiers, le plus souvent 50-50 et l’on peut trouver un modèle dit side-by-side où la distribution des langues d’enseignement passe par deux salles de classe distinctes et deux enseignants, un anglophone et un francophone.
    La cartographie reflète l’extrême diversité des modèles : la Louisiane a fait le choix de l’immersion partielle, le Maryland de l’immersion totale ou partielle (selon les districts), l’Utah d’un programme one way 50-50, New York d’un programme two-way, etc. Par ordre décroissant, les trois principales zones d’enseignement bilingue francophone sont la Louisiane, l’Utah et New York.
    Carte programmes bilingues USA
    Répartition des programmes bilingues francophones aux États-Unis (2016)
     
    Plus d’informations sur ces dispositifs sont disponibles sur le site de CARLA (Center for Advanced Research on Language Acquisition), centre de recherches de l’Université du Minnesota, référence en la matière aux États-Unis.
    Quels sont les défis et les perspectives qui se dessinent pour l’enseignement bilingue aux États-Unis dans les années à venir ?
    Faire face à la pénurie d’enseignants
     
    Le principal défi à l’ouverture de classes bilingues est la pénurie de professeurs. Le renforcement de l’enseignement bilingue francophone passe donc par la constitution d’un vivier d’enseignants qualifiés en accompagnant la structuration des filières locales de formation dans les États ayant la politique de promotion du bilinguisme la plus active et, si possible, en ciblant le secondaire. Le programme Jules Verne est un des dispositifs actuellement en cours pour appuyer le développement de ces filières : il permet de soutenir la croissance des programmes aux États-Unis, notamment en Utah, dont la politique éducative en faveur des langues fait office de modèle pour d’autres États. Comme indiqué précédemment, la contrepartie pour les académies partenaires est de former les enseignants détachés à cette éducation bilingue qui se développe aussi chez elles (académie de Grenoble et Nancy-Metz, entre autres).
     
    Le programme Jules Verne ne peut représenter, malgré son caractère essentiel, l’unique solution aux difficultés de recrutement d’enseignants par les établissements. Le poste diplomatique travaille donc également à des solutions à moyen terme, comme la création d’une filière de futurs enseignants américains à destination de ces programmes en valorisant le réseau des Alumni TAPIF (Teaching Assistant Program in France) qui comporte plus de 20 000 membres. Une étude menée récemment a montré que parmi ces 20 000 anciens TAPIF, environ 2 000 exerçaient une activité professionnelle dans le champ éducatif. L’objectif est de leur proposer des bourses d’études ou de reconversion professionnelle vers l’enseignement bilingue en passant des partenariats avec les universités qui dispensent ce type de formation et qui recherchent des étudiants de qualité. Trois partenariats ont déjà été signés au cours des dernières semaines, avec le Middlebury Institute, l’université de Wisconsin-Madison et l’université du Mississipi. Le montant total des bourses proposées par ces trois établissements est de 350 000 $ par an, pour les étudiants, soit pour la durée d’un engagement de 5 ans, 1 700 000 $ levés.
     
    Pérenniser les dispositifs
     
    De plus, bien que très impliquées, les autorités éducatives de chaque État ne peuvent couvrir tous les frais associés à la création de nouvelles filières et au développement des programmes déjà ouverts. Certains programmes sont fragiles ou ne peuvent tout simplement pas voir le jour, faute de moyens et malgré une volonté indéniable. 
     
    Aujourd’hui, l’ambition de la coopération éducative du poste est plus forte : il faut désormais catalyser les forces vives qui s’investissent pour ces programmes bilingues, en inciter de nouvelles, et mener une véritable action d’envergure qui permettra à ces programmes de se pérenniser. C’est le souhait et le projet de notre Fondation partenaire FACE Foundation, French-American Cultural Exchange.
     
    FACE est une organisation à but non lucratif dédiée aux échanges culturels et éducatifs entre la France et les États-Unis, qui travaille en collaboration avec les services culturels de l’ambassade de France aux États-Unis. 
     
    Son engagement dans le secteur éducatif et le soutien à l’éducation bilingue francophone n’est pas nouveau : en 2005, FACE Foundation s’est associé au French Heritage Language Program, lancé à l’initiative de l’ambassade de France et destiné aux populations migrantes francophones. Son premier objectif est de permettre à ces migrants, arrivés récemment, de ne pas perdre le lien avec leur langue maternelle. Le programme s’est depuis élargi à tous les Américains souhaitant renouer avec leurs lointaines origines francophones, comme en Nouvelle-Angleterre où une francophonie émerge à nouveau peu à peu. 
     
    En 2007, la fondation FACE est devenue un partenaire important de l’ouverture d’écoles bilingues francophones à New York. La première filière bilingue a été lancée en 2007 à Brooklyn avec un enseignant et une classe de 24 enfants. Ces programmes ont depuis bien grandi et se sont répandus. Ils servent aujourd’hui près de 1 400 élèves avec plus de 50 enseignants dans dix écoles. 
     
    Créer un fonds pour l’enseignement bilingue francophone
     
    Prenant acte de l’engouement sur tout le territoire américain pour cette éducation bilingue francophone, la fondation FACE, en partenariat avec les services culturels de l’ambassade de France aux États-Unis, vient d’ouvrir un nouveau programme bien plus ambitieux : le Fund for French Dual Language and Immersion Programs in the United States, avec la volonté de créer un fonds pour l’enseignement bilingue francophone aux États-Unis en constituant un réseau pérenne d’établissements et en les ancrant durablement dans le paysage éducatif américain.
     
    Ce fonds a pour vocation de soutenir les programmes bilingues francophones, qui offrent une formation intellectuelle et multiculturelle de qualité et donnent plus de chances d’un avenir professionnel réussi dans un monde aujourd’hui globalisé.
     
    Concrètement, cela se décline en trois grands programmes : un programme annuel de subventions sous la forme d’un appel à projets ; un programme de bourses pour les étudiants qui se destinent à devenir enseignants dans un programme bilingue ; un programme d’aide à l’accueil d’assistants de français dans les écoles.
    Ateliers fédéraux sur l'éducation bilingue, 2015
    Les 29 et 30 octobre 2015, l’ambassade de France a accueilli les premiers ateliers fédéraux sur l’éducation bilingue. L’objectif principal de ce séminaire était de mettre sur pied un plan concret pour développer le premier réseau bilatéral d’écoles bilingues.
     
    Pour les 5 années à venir, 2017-2022, trois champs d’action prioritaires soutenus par ce fonds ont été identifiés :
     
    A. Un appel à projets annuel de 150 000 $ pour les écoles, les districts et les États pour soutenir :  
     
    1. la création d’un espace francophone dans les écoles ;
    2. l’apport de ressources pédagogiques adaptées ;
    3. la formation continue des enseignants ;
    4. la formation des administrateurs de nouvelles filières et l’accompagnement du réseau des écoles bilingues.
    27 écoles, districts ou département de l’Éducation d’État ont reçu un soutien sur projet en septembre dernier. Ce premier appel a permis au poste de mesurer combien la question des ressources pédagogiques était centrale pour les établissements : 80 % des projets déposés étaient des projets de demande d’aide pour l’acquisition de ressources pour la classe.
     
    B. Un programme de soutien à la formation initiale de futurs professeurs
     
    Un autre des défis majeurs pour les établissements est de recruter de nouveaux professeurs francophones et bien formés à l’éducation bilingue. 
     
    La Fondation FACE et les services culturels de l’ambassade de France se sont associés avec la Société des Professeurs Français et Francophones d’Amérique (SPFFA) pour octroyer des bourses aux étudiants destinées à financer leur Master en Éducation bilingue à Hunter College, à New York. Ainsi, depuis 2013, 22 bourses de 5 000 $ ont été distribuées et aujourd’hui, la plupart des étudiants qui en ont bénéficié enseignent dans une école bilingue.
     
    L’objectif est d’élargir cette initiative new-yorkaise et d’offrir un plus grand nombre de bourses chaque année pour aider les étudiants à financer leur inscription dans un Master qui offre une spécialisation en éducation bilingue.
     
    Ces bourses de 5 000 $ seront distribuées chaque année et renouvelable une fois, sur dossier étudié par une commission indépendante.
     
    Par ailleurs, le poste a passé des partenariats avec les universités qui dispensent des formations en français et qui recherchent des étudiants de qualité. Le principe est de valoriser ces programmes en en faisant la promotion auprès des anciens assistants de langue américains qui ont passé une année scolaire en France. Les établissements partenaires sont à la recherche d’étudiants qui ont un bon profil et une très bonne maîtrise de la langue française et les anciens assistants sont pour eux des recrues de choix. Trois partenariats ont déjà été signés au cours des dernières semaines, avec le Middlebury Institute, l’université de Wisconsin-Madison et l’université du Mississipi. 
     
    C. Un programme d’aide à l’accueil d’assistants de français dans les écoles : le French Teaching Intern Program
     
    L’ambassade soutient le recrutement d’assistants français par les écoles pour que les élèves soient au contact de locuteurs natifs. Une fois sélectionnés, les étudiants de niveau Master partent aux États-Unis avec un visa J-1 intern. Ces assistants travaillent à l’école 32 heures par semaine auprès du professeur principal et leur mission est d’aider l’enseignant dans sa classe, en apportant notamment des activités culturelles et en développant les compétences d’expression orale des enfants. Ils peuvent aussi aider l’enseignant à la création de ressources pédagogiques pour la classe.
     
    Le fonds soutient le financement d’assistants pour les écoles publiques qui n’ont pas toujours les ressources suffisantes pour en bénéficier.
     
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    Utah : faire du bilinguisme la nouvelle norme

    Dans l’Utah, les écoles publiques misent sur l’enseignement bilingue pour former une génération de citoyens cosmopolites et assurer le développement économique de l’État. Avec 3 800 élèves inscrits dans les programmes d’immersion français-anglais, l’Utah est le deuxième État américain, derrière la Louisiane, où le nombre d’élèves qui apprennent le français est le plus élevé. Ces programmes bilingues sont le résultat d’une politique éducative volontariste menée depuis 2008 par le gouvernement local. Gregg Roberts, coordinateur des programmes d’immersion pour le département de l’Éducation de l’Utah, nous en présente les spécificités et les perspectives de développement. 
    Quelles sont les spécificités du dispositif d’enseignement bilingue français-anglais en Utah ? 
    Le monolinguisme est l'analphabétisme du 21e siècle. Dans l’économie mondiale d’aujourd’hui, les compétences multilingues et interculturelles sont essentielles. En effet, la capacité à communiquer dans une autre langue est devenue, au 21e siècle, un avantage significatif dans un marché de l’emploi globalisé et de plus en plus concurrentiel. Dans ce contexte, l'Utah s’emploie à offrir à tous les élèves de l'enseignement public, sans prérequis scolaire, la possibilité d’acquérir de solides compétences linguistiques et culturelles, en intégrant des programmes d’immersion (Dual Language Immersion : DLI) au sein de toutes les écoles de l’État, rurales et urbaines, quelle que soit leur appartenance socioculturelle et ethnique.
     
    À partir de 2007, le Sénat de l’Utah a voté une série de lois allouant des fonds pour la création de programmes d’immersion dans trois langues étrangères jugées fondamentales pour le développement économique des États-Unis. Dans le projet de loi 41 (2009), à l’origine de la création du programme DLI, le français a été choisi comme l’une de ces trois langues, aux côtés du chinois et de l’espagnol, pour être enseigné dans les programmes bilingues en raison de son importance économique mondiale et de l'étendue du territoire francophone. 
     
    Le programme d’immersion en français de l'Utah met en œuvre un modèle d'enseignement 50/50 pour les grades K-6 (école élémentaire) : les élèves passent la moitié de leur journée scolaire en français et l'autre demi-journée en anglais. Toutes les écoles, pour bénéficier du soutien de l'État, sont tenues de mettre en œuvre ce modèle 50/50 et d’employer deux professeurs, le premier enseignant exclusivement en français et le second entièrement en anglais. 
    Ecole bilingue en Utah
    Dans l’Utah, une vingtaine d’écoles (165 classes) proposent des programmes d’immersion bilingue français-anglais.

    Au collège (niveaux 7-8), le programme propose deux cours de français, réservés aux meilleurs élèves (honor level courses), ainsi que la possibilité de participer à des temps d’exposition à la langue et à la culture françaises, en dehors des heures de classe. En 9e année (troisième), les élèves peuvent passer le test AP qui leur permet de valider, en fin de cursus, leurs connaissances linguistiques. Au cours des années 10-12 (lycée) enfin, les étudiants ont la possibilité de suivre des cours de français avancés dans l’une des six universités publiques de l’État. 

    Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les familles en Utah à inscrire leur(s) enfant(s) dans un programme bilingue français-anglais ? 
    L'un des principaux objectifs de ce curriculum K-12, qui séduit les parents, est de voir leurs enfants entrer dans des universités et/ou sur le marché du travail mondial avec un excellent niveau dans les quatre compétences linguistiques-clés, qui sont travaillées à chaque niveau du programme (de la 1ère à la 12ème classe) : compréhension orale et écrite et expression orale et écrite.
     
    « L'objectif de l'Utah est d'éradiquer le monolinguisme. »
     
    En outre, le programme DLI est un dispositif gagnant-gagnant pour l'État et les parents, dans la mesure où il contribue à la prospérité économique de l’Utah, donne aux parents davantage de choix en matière d'éducation, répond au mieux aux besoins pédagogiques des élèves anglophones et fournit à tous les élèves de l'Utah les compétences nécessaires pour être compétitifs au 21ème siècle ! L'objectif de l'Utah est d'éradiquer le monolinguisme, qui produit des élèves sous-qualifiés et incapables de se démarquer sur la scène internationale de l’emploi, au sein de laquelle la connaissance de la langue et de la culture françaises ont pris une importance majeure. Ainsi, dans la pure tradition d’un esprit pionnier, l'Utah n’a de cesse d’œuvrer pour que l’immersion française soit une composante essentielle de l’éducation du 21e siècle.
    Quels défis et quelles perspectives se dessinent pour l’enseignement bilingue francophone en Utah dans les prochaines années ?
    Tandis que le succès au quotidien du programme d’immersion en français est le résultat de l’engagement et de la passion des professeurs, des chefs d’établissements et des administrateurs au sein des districts et de l’État, c’est bien le dispositif d’accompagnement au déploiement du programme à travers tout l’Utah qui en fait une réussite incomparable. Bien que le programme soit largement reconnu et que les administrateurs des districts et des écoles soient très désireux de le mettre en œuvre dans les établissements, la seule volonté de développer ces programmes ne suffit pas pour que le projet aboutisse. En effet, pour garantir la réussite de ces cursus, les administrateurs doivent avoir la capacité d’adapter leurs ressources aux spécificités du DLI, à la fois en termes de conception et de développement des curricula, d’évaluation, mais aussi de recrutement et de formation professionnelle des équipes ; ces conditions sont devenues difficiles à réunir.
     
    Pour aider les administrateurs à faire face à ces difficultés concrètes, l’USOE (Utah State Office of Education) a conçu un dispositif d’accompagnement pour les districts et les écoles qui souhaitent  mettre en place les programmes d’immersion en français. Ce dispositif propose les prestations suivantes : 
     
    1. Un soutien financier pour l’acquisition de matériel pédagogique pour débuter en français ;
    2. L’accès à un modèle de programme standardisé ;
    3. Un curriculum K-9 structuré autour des quatre compétences linguistiques clés ;
    4. Des outils d’évaluation en langue harmonisés pour suivre les progrès des élèves en français et s’assurer qu’ils atteignent les compétences linguistiques au niveau visé ;
    5. Le développement professionnel et la formation continue des enseignants, des chefs d’établissement et des administrateurs des districts ;
    6. L’amélioration continue des programmes d’enseignement ;
    7. Le partenariat avec l’ambassade de France et les académies en France pour recruter des enseignants et renforcer le soutien au programme.
    Sans un modèle étatique soutenu par la législation, la mise en œuvre de ce programme serait sans aucun doute sérieusement compromise.
     
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